Les bases du cycle menstruel

On découpe classiquement le cycle menstruel en trois phases + 1, ou plutôt comme ceci : les règles, suivies de la phase folliculaire, l’ovulation, puis enfin la phase lutéale. Il s’accompagne d’une danse hormonale savamment menée entre les oestrogènes et la progestérone, et de multiples modifications corporelles plus ou moins subtiles comme l’est l’écoulent d’une glaire cervicale plus ou moins extériorisée et vue/ressentie. Je refais le point avec vous, parce qu’on ne va pas se mentir… nos cours de SVT datent !

Les règles : 1ère phase du cycle

C’est à partir du premier jour de vos règles que l’on décompte un nouveau cycle : elles sont considérées comme la première phase de ce cycle. Les règles sont le résultat d’un effondrement hormonal : une matrice qui s’était épaissie dans l’utérus en vue d’accueillir potentiellement la vie (l’endomètre) se "détache” et desquame sous la forme de saignements dans nos culottes lorsque le corps comprend qu’il n’y a pas eu fécondation.

Aussi, les règles font forcément suite à l’ovulation. Ce qui veut dire que sous pilule oestro-progestative, la femme n’a pas de vraies règles, mais des règles artificielles puisque l’on n’ovule pas : on parle de “saignements de privation”.

Le vécu des règles varie d’une femme à l’autre, selon les douleurs associées (pour certaines, elles passent quasiment inaperçues !), le flux, et d’autres symptômes qui peuvent les accompagner.

En parallèle, une substance clef de la fertilité appelée “glaire cervicale” produite par le col de l’utérus évolue. Autour des règles, cette glaire est souvent peu visible, et le ressenti à la vulve peut être plus ou moins sec, même si certaines femmes peuvent commencer déjà à ressentir une sensation plus humide.

La phase folliculaire : 2ème phase

Il s’agit d’une phase de dialogue importante entre votre cerveau et vos ovaires, durant laquelle les follicules contenus dans vos ovaires sont appelés à mâturer, grossissent tout en produisant de plus en plus d’oestrogènes à mesure qu’ils mâturent, entrent en compétition, jusqu’à ce qu’un des follicules se démarque et prenne le “lead” sur les autres. On l’appelle le follicule de Graaf, et c’est aussi celui qui produira le plus d’oestrogènes. Les oestrogènes participent (notamment) à épaissir l’endomètre. Quand le cerveau capte qu’autant d’oestrogènes est sécrété, se déclenche le fameux pic de LH (hormone lutéinisante), qui autour de 70 UI/mL, entraîne la libération de l’ovocyte contenu dans le follicule dans une de nos trompes de Fallope, 16 à 36h plus tard après ce pic. Une fois libéré, on parle alors d’ovule.

L’ovule va alors progresser dans la trompe, et sera potentiellement fécondé par un spermatozoïde… ou pas.

Cette phase commence le premier jour des règles, puis se poursuit jusqu’à ce que l’ovule soit libéré (on parle alors d’une troisième phase, l’ovulation). La phase folliculaire (ou pré ovulatoire) est la plus imprédictible du cycle menstruel, elle peut en effet se raccourcir ou s’allonger facilement, et c’est la plupart du temps elle qui fait que l’on a nos règles “en retard” ou plus tôt que prévu, de 2,3,4…x jours, selon les cas ! De multiples paramètres peuvent l’impacter. Je reviendrai sur ce sujet plus en détails une prochaine fois. En parallèle, une substance plus ou moins visqueuse appelée “glaire cervicale” produite par le col de l’utérus évolue à mesure des fluctuations hormonales, et de l’approche de l’ovulation.

Durant cette phase, la glaire évolue beaucoup, passant chez certaines d’un état peu abondant quasi imperceptible à une glaire très présente, blanche ou crème, puis de plus en plus transparente, glissante, élastique… mais elle peut redevenir aussi plus sèche et repartir sur un cycle plus présent… jusqu’à ce que l’ovulation se produise réellement.

L’ovulation : 3ème phase

Elément central du cycle, l’ovulation est donc ce moment crucial du cycle où un ovocyte est libéré par le follicule de Graaf. On décrit souvent l’ovulation comme un phénomène se produisant autour du 14ème jour du cycle (donc 14 jours à partir du premier jour des règles). En réalité, il existe une variabilité très importante selon les femmes (seul un faible pourcentage de femmes ovulent réellement à ce moment-là !). C’est le moment du cycle où la femme est la plus fertile (bien que la fenêtre de fertilité commence avant cela, parce que les spermatozoïdes peuvent survivre plusieurs jours dans les cryptes du col de l’utérus).

Ainsi, 16 à 36h après le pic de LH, l’ovule débarque dans une de nos trompes de Fallope, où il peut survivre 12 à 24h maximum. Si aucun spermatozoïde ne vient le féconder dans les 5 jours maximum qui précèdent ou durant ce timing-là, il meurt et est évacué par le corps via les sécrétions vaginales.

Parallèlement à cela, le follicule qui contenait l’ovocyte s’est transformé en “corps jaune”, sorte de structure temporaire.

La glaire cervicale, les quelques jours qui précèdent l’ovulation et durant l’ovulation, est la plus abondante de tout le cycle, semblable à du blanc d’oeuf cru que l’on peut constater quand on s’essuie après un passage aux toilettes (à ne pas confondre avec la substance que le corps produit lors de l’excitation sexuelle). Elle a un rôle clef : favoriser la survie et la mobilité des spermatozoïdes qui la rencontrent lors du rapport sexuel.

Phase lutéale, dite aussi post ovulatoire : la dernière

C’est la phase qui démarre après l’ovulation. Elle dure en moyenne 11 à 16 jours maximum, mais peut durer moins longtemps. Elle est en théorie la phase la plus "statique” du cycle, celle qui est la plus prédictive si on sait repérer notre ovulation, et que l’on n’a pas eu de rapport à risque/en vue d’avoir un bébé. Après l’ovulation, le follicule de Graaf, transformé en "corps jaune”, secrète de la progestérone qui grimpe et connaît un pic 7 jours après l’ovulation. La progestérone a pour rôle (entre autres) de rendre l’utérus le plus “douillet” et accueillant possible d’un point de vue chimique et vasculaire dans le cas où une fécondation aurait lieu pour favoriser la nidation (une des belles étapes de la conception), et maintient l’endomètre en place. Elle vient en quelque sorte densifier l’endomètre épaissi par les oestrogènes en phase folliculaire.

Cette phase lutéale s’achève lorsque le corps comprend qu’il n’y a pas eu fécondation : le "corps jaune” régresse alors, et avec lui, la progestérone chute, ce qui achève de faire se détacher la matrice qui s’était épaissie sous l’effet des oestrogènes durant la phase folliculaire : les règles apparaissent. Sinon, vous êtes enceinte et le corps jaune continue à produire de la progestérone sous contrôle de la fameuse hormone de grossesse hCG, jusquà ce que le placenta prenne le relai.

Durant la phase lutéale, la glaire se fait généralement plus épaisse, collante, voire absente sous l’effet de la progestérone. La femme n’est pas fécondable à ce moment-là de son cycle, et cette glaire non fertile y participe, empêchant le passage des spermatozoïdes pour ne pas compromettre une éventuelle fécondation en cours.

Magique, le corps, n’est-ce pas ?

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